Comment le Prince prit la Belle au bois dormant

DEPUIS le début de sa jeune existence, le Prince connaissait l’histoire de la Belle au bois dormant, qu’un maléfice avait condamnée, après s’être piqué le doigt sur un fuseau, à dormir cent ans, ainsi que ses parents, le Roi et la Reine, et toute la Cour.
Mais il avait refusé d’accorder foi à cette histoire, jusqu’à son entrée dans le château.
Même les cadavres des autres Princes crucifiés sur les épines qui tapissaient les murs de la demeure n’avaient pu le convaincre. Sans nul doute, chacun de ses prédécesseurs y croyait déjà en approchant du château mais, pour sa part, il éprouvait le besoin de se rendre compte par lui-même.
Insouciant à force de chagrin depuis la mort de son père, et trop investi d’autorité sous le règne de sa mère, il tranchait à la racine ces épines terrifiantes, esquivant leurs pièges avec agilité. Son désir n’était point tant de mourir que de conquérir.
Et, se frayant un chemin au milieu des ossements de ceux qui avaient échoué à percer le mystère, il entra seul dans la grande salle des banquets.
Le soleil était haut dans le ciel, les épines jonchaient le sol, et la lumière perçait les hautes fenêtres de lames de poussière.
Tout autour de la table du banquet, le Prince découvrit les hommes et les femmes de la Cour de jadis, endormis sous des couches de poussière, leurs visages rougeâtres, avachis, tissés de toiles d’araignée.
Il retint son souffle à la vue des serviteurs somnolents contre les murs, leurs vêtements moisis réduits en lambeaux.
Ainsi le vieux conte était donc vrai. Et, sans plus de crainte, il se mit en quête de la Belle au bois dormant, le cœur de ce conte.
Dans la plus haute chambre de la demeure, il la trouva. Il avait enjambé les corps assoupis des dames de compagnie et des valets, et, respirant la poussière et l’humidité des lieux, il se tenait enfin à la porte du sanctuaire.
Ses cheveux de lin, longs et lisses, couvraient le velours de sa couche, d’un vert profond, et les plis flous de sa robe révélaient les seins et les rondeurs d’une jeune femme.
Il ouvrit les fenêtres et leurs volets clos. Elle en fut inondée de soleil. Il s’approcha d’elle et laissa échapper un doux soupir en touchant la joue, puis les dents entre les lèvres entrouvertes, et, enfin, les tendres virgules des paupières.
À ses yeux, son visage était parfait, et sa robe brodée profondément lovée dans le creux de ses jambes épousait la forme de son sexe.
Il dégaina son épée, qui avait tranché toutes ces épines, et, glissant doucement la lame entre ses seins, il fendit facilement l’étoffe ancienne.
Une fois la robe ouverte jusqu’à l’ourlet, il en rabattit les pans et contempla la jeune femme. Ses tétons étaient du même rose que ses lèvres, et la toison de son entrejambe était jaune sombre et plus bouclée que la longue chevelure qui lui couvrait les bras presque jusqu’aux hanches et s’écoulait de part et d’autre de son corps.
Il découpa les manches, la souleva avec délicatesse pour la libérer de son vêtement. Le poids de ses cheveux parut rejeter la tête de la Belle au creux des bras du Prince, et sa bouche s’ouvrit un peu plus.
Il posa son épée à son côté et ôta sa lourde armure. Puis il la souleva de nouveau, le bras gauche passé sous les épaules, la main droite entre les jambes, le pouce sur le mont du pubis.
Elle n’émit aucun bruit ; mais si un être pouvait gémir en silence, alors tout en elle laissait échapper ce gémissement Sa tête retomba contre lui, il sentit la chaude moiteur sous sa main droite, et l’allongeant derechef, il recueillit ses deux seins au creux de ses paumes, et les suça délicatement, l’un, puis l’autre.
Ces seins, ronds et fermes. Elle avait quinze ans lorsque la malédiction l’avait frappée. Il lui mordit les tétons, s’empara de ses seins presque avec rudesse pour éprouver leur poids, et puis il les gifla légèrement, aller, retour, avec délectation.
À son entrée dans la chambre, son désir avait été fort et presque douloureux. À présent, il l’aiguillonnait sans merci.
Il l’enfourcha, lui écarta les jambes, pinça doucement, profondément la chair blanche à l’intérieur de ses cuisses et, tout en étreignant le sein droit de la main gauche, il enfonça son sexe en elle.
À l’instant même de rompre son innocence, il la souleva, lui ouvrit la bouche avec la langue, et lui pinça vivement le sein.
Il suça ses lèvres, en exprima la vie pour s’en gorger, et lorsqu’il sentit sa semence exploser en elle, il l’entendit crier.
Alors ses yeux bleus s’ouvrirent.
— Belle ! lui chuchota-t-il.
Elle ferma les yeux, ses sourcils dorés se joignirent en un menu froncement, et la blancheur de son large front prit la lumière du soleil.
Il lui releva le menton, lui embrassa la gorge, et l’entendit gémir sous lui quand il retira son organe de son sexe étroit.
Elle était saisie. Il l’attira à lui pour la faire asseoir, nue, un genou replié contre les vestiges de sa robe de velours, sur sa couche aussi plate et dure qu’une table.
— Je vous ai réveillée, ma chérie, lui dit-il. Vous avez dormi cent ans, ainsi que tous ceux qui vous aimaient Écoutez. Écoutez ! Vous allez entendre ce château revenir à la vie comme personne avant vous ne l’a jamais entendu.
Déjà, un cri avait retenti dans le corridor. La domestique se tenait là, les mains à ses lèvres.
Le Prince se rendit à la porte pour s’adresser à elle.
— Va trouver ton maître, le Roi. Annonce-lui la venue de ce Prince qui, selon la prédiction, devait briser la malédiction de cette maison. Dis-lui que, pour l’heure, je reste enfermé avec sa fille.
Il ferma la porte, la verrouilla et se retourna pour admirer la Belle.
Elle couvrait ses seins de ses mains, et ses longs cheveux d’or, lourds et denses comme de la soie, flamboyaient autour d’elle sur sa couche.
Elle inclina la tête, pour se couvrir de sa chevelure.
Mais elle regardait le Prince et il fut frappé par ce regard, dénué de toute crainte, de toute malignité. Elle était comme à la chasse ces tendres animaux de la forêt, juste avant qu’il ne les tue : les yeux grands ouverts, vides d’expression.
Sa poitrine se souleva avec un soupir inquiet. Et voilà qu’il s’approchait d’elle, rieur, et lui soulevait les cheveux pour lui dégager l’épaule droite. Elle le regarda fixement, ses joues s’empourprèrent d’une rougeur crue, et il l’embrassa de nouveau.
Il lui ouvrit la bouche avec les lèvres, et, prenant ses mains dans sa main gauche, il les posa sur ses genoux nus, afin de soupeser les seins, de les contempler à son aise.
— Belle innocente, chuchota-t-il.
Elle le regardait, et il devinait ce qu’elle voyait. Il n’avait que trois ans de plus qu’elle, qu’elle cent ans plus tôt. Dix-huit ans, à peine un homme, mais qui n’avait peur de rien ni de personne. Il était grand, le cheveu noir, et d’une constitution élancée, ce qui lui donnait de l’agilité. Il aimait penser à lui-même comme à une épée – légère, droite, très vive, et terriblement dangereuse.
Et il en avait laissé derrière lui beaucoup qui auraient pu le prouver.
À cet instant, il n’éprouvait non point tant de l’orgueil qu’une immense satisfaction. Il était parvenu au cœur du château ensorcelé.
Il y eut des coups à la porte, des cris.
Il ne prit pas la peine d’y répondre. Il allongea de nouveau la Belle.
— Je suis votre Prince, fit-il, et c’est ainsi que vous vous adresserez à moi, et c’est pourquoi vous m’obéirez.
Encore une fois, il lui écarta les jambes. Sur l’étoffe, il vit le sang de son innocence, et ceci le fit rire doucement, tandis qu’il entrait en elle, une fois encore.
Elle lâcha une suite de doux gémissements qui furent à ses oreilles autant de baisers.
— Répondez-moi comme il convient, chuchota-t-il.
— Mon Prince…
— Ah, soupira-t-il, c’est charmant.
Lorsqu’il ouvrit la porte, la pièce était presque dans le noir. Il annonça aux serviteurs qu’il prendrait son dîner tout de suite, et qu’il recevrait le Roi sur l’heure.
À la Belle, il ordonna de dîner avec lui et de demeurer avec lui, et, d’un ton ferme, il l’enjoignit de ne porter aucun vêtement.
— C’est mon souhait de vous avoir nue et toujours prête pour moi, décida-t-il.
Il aurait pu lui dire qu’elle était d’une beauté incomparable, avec sa chevelure d’or pour seul vêtement et la rougeur de ses joues pour seul voile, et ses mains qui tentaient vainement de dérober à sa vue son sexe et ses seins, mais il s’en garda bien.
Au lieu de cela, il saisit ses poignets menus et les lui maintint dans le dos pendant que l’on apportait la table du dîner, puis il lui ordonna de s’asseoir face à lui.
La table n’était pas de taille à lui interdire de l’atteindre à sa guise, de la toucher, de lui caresser les seins s’il lui en prenait envie. Et, tendant la main vers elle, il lui releva le menton pour l’examiner à la lumière des chandeliers que portaient les serviteurs.
Sur la table, on dressa un rôti de sanglier et du gibier, des fruits dans de grands bols d’argent chatoyants, et soudain le Roi se tint sur le seuil, vêtu de ses lourdes robes de cérémonie, coiffé d’une couronne d’or. Il s’inclina devant le Prince, attendant qu’on lui commandât d’entrer.
— Cent années durant, votre Royaume a été tenu en négligence, s’écria le Prince en levant son calice de vin. La plupart de vos vassaux vous ont quitté pour d’autres seigneurs ; vos bonnes terres restent en friche. Mais vous avez toute votre santé, votre Cour, vos soldats. Tant de choses s’offrent à vous.
— Prince, je suis votre débiteur, répondit le Roi. Mais me direz-vous votre nom, le nom de votre famille ?
— Ma mère, la reine Éléonore, vit de l’autre côté de la forêt, lui révéla le Prince. De votre temps, c’était le Royaume de mon arrière-grand-père, celui du Roi Heinrick, votre puissant allié.
Le Prince vit la soudaine surprise du Roi, puis son regard plein de trouble. Le Prince comprit parfaitement la chose. Et lorsqu’une rougeur empourpra le visage du Roi, le Prince s’écria :
— Et en ce temps-là, vous avez servi au château de mon arrière-grand-père, n’est-il pas, ainsi peut-être que votre Reine ?
Le Roi tint ses lèvres closes en signe d’assentiment, et hocha lentement la tête.
— Vous êtes le fils d’un puissant monarque, chuchota-t-il.
Et le Prince vit bien que le Roi ne lèverait pas les yeux sur la Belle, sa fille nue.
— Je vais emmener la Belle pour qu’elle serve au château, annonça le Prince. Elle est mienne, désormais.
Il dégaina son long coutelas d’argent et, découpant le sanglier chaud et succulent, il en dressa plusieurs morceaux sur son assiette. L’entourant, les serviteurs dressaient d’autres plats devant lui, avec empressement.
La Belle se tenait assise, à nouveau les mains sur les seins ; ses joues étaient humides de larmes, et elle tremblait légèrement.
— Comme vous voudrez, fit le Roi. Je suis votre obligé.
— À présent, vous avez votre vie et votre Royaume. Et j’ai votre fille. Je passerai la nuit ici. Et demain je me mets en route pour faire d’elle ma Princesse de l’autre côté des montagnes.
Il avait disposé quelques fruits sur son assiette, et des morceaux de nourriture encore chaude, puis il claqua doucement des doigts et demanda à la Belle, dans un chuchotement, de faire le tour de la table pour le rejoindre.
Il perçut sa honte d’être ainsi exposée à la vue de ses serviteurs.
Mais il écarta la main qu’elle tenait devant son sexe.
— Ne vous couvrez plus jamais de la sorte, lui dit-il.
Il avait prononcé ces paroles presque tendrement, en relevant ses cheveux pour lui dégager le visage.
— Oui, mon Prince, murmura-t-elle. (Elle avait une petite voix adorable.) Mais c’est si difficile.
— C’est difficile, bien sûr, sourit-il. Mais vous le ferez, pour moi.
Sur quoi il la prit par la main, l’assit sur ses genoux, et la berça au creux de son bras gauche.
— Embrassez-moi, ordonna-t-il, et, sa bouche chaude contre la sienne, il sentit son désir se dresser, trop tôt pour son goût, mais décida néanmoins de savourer ce léger tourment.
— Vous pouvez aller, fit-il au Roi. Dites à vos serviteurs de préparer mon cheval à l’aube. Je n’aurai pas besoin de monture pour la Belle. Nul doute que vous ayez découvert mes hommes d’armes à vos portes. (Et le Prince éclata de rire.) Entrer avec moi leur faisait peur. Dites-leur de se tenir prêts au lever du soleil, après quoi vous pourrez dire au revoir à la Belle, votre fille.
Le Roi jeta un bref regard, en guise d’assentiment aux ordres du Prince, et, avec une courtoisie sans faille, il s’éloigna du seuil de la chambre à reculons.
Le Prince tourna toute son attention vers la Belle.
Il prit une serviette et essuya ses larmes. Obéissante, elle tenait ses mains sur ses cuisses, exposant son sexe ; elle n’essayait plus, remarqua-t-il, de dissimuler avec ses bras ses petits tétons roses et durcis, et il approuva.
— Allons, n’ayez pas peur, la pria-t-il avec douceur, s’abreuvant encore un peu à sa bouche tremblante, puis il lui gifla les seins, les fit légèrement frémir. Je pourrais être vieux et repoussant.
— Oh, mais alors j’en serais désolée pour vous, dit-elle de sa voix douce et craintive.
Il rit.
— Pour cette réponse, je vais vous punir, lui répliqua-t-il avec tendresse. Un peu d’impertinence de temps à autre, bien dans la manière d’une dame, voilà qui est divertissant.
Elle rougit, se mordit la lèvre.
— Avez-vous faim, ma Belle ?
Il vit bien qu’elle avait peur de lui répondre.
— Lorsque je vous le demanderai, vous répondrez : « Seulement si cela vous fait plaisir, mon Prince », et alors je saurai que la réponse est oui. Ou encore, « Non pas, à moins que cela ne vous fasse plaisir, mon Prince », et alors je saurai que la réponse est non. Me comprenez-vous ?
— Oui, mon Prince, fut sa réponse. Je n’ai faim que si cela vous fait plaisir.
— Très bien, très bien, approuva-t-il avec une authentique sincérité.
Il prit une petite grappe d’un raisin noir et luisant, lui glissa les grains dans la bouche un à un, retirant les pépins, qu’il posait de côté.
Il la regardait avec un plaisir évident, tandis qu’elle buvait une profonde gorgée du calice de vin qu’il lui tenait tout contre les lèvres. Puis il lui essuya la bouche et l’embrassa.
Ses yeux brillaient. Mais elle avait cessé de pleurer. Il sentit le contact de la chair tendre de son dos, et ses seins, encore.
— Superbe, murmura-t-il. Et, jadis, étiez-vous terriblement gâtée, et vous donnait-on tout ce que vous désiriez ?
Elle rougit encore de confusion, puis, toute honteuse, elle hocha la tête.
— Oui, mon Prince. Je pense, peut-être…
— N’ayez pas peur de me faire une longue réponse, la cajola-t-il, pourvu que vos mots soient empreints de respect. Et ne prenez jamais la parole avant que je vous aie parlé le premier, et, en toutes ces matières, veillez bien à prêter garde à ce qui me fait plaisir. Vous avez été très gâtée, on vous a tout donné, mais étiez-vous entêtée ?
— Non, mon Prince, je ne crois pas, se souvint-elle. Je me suis efforcée d’être une joie pour mes parents.
— Et vous serez une joie pour moi, ma chérie, lui répliqua-t-il amoureusement.
Et en la tenant toujours fermement du bras gauche, il revint à son dîner.
Il mangea de bon cœur, le sanglier, le gibier rôti, quelques fruits, et but plusieurs calices de vin. Après quoi il dit aux serviteurs de tout emporter et de les laisser seuls.
Sur le lit, on avait étendu des draps et des couvre-lits neufs ; il y avait des coussins frais, des roses dans un vase, et plusieurs candélabres.
— Maintenant, dit-il en se levant et en la plaçant devant lui, il faut nous mettre au lit, car demain nous avons une longue journée devant nous. Toutefois, il me faut encore vous punir pour votre impertinence de tout à l’heure.
Aussitôt, des larmes emplirent les yeux de la Belle ; elle leva sur lui un regard implorant. Elle fut sur le point de se couvrir les seins et le sexe, avant de se souvenir et de tenir ses mains sur les côtés, deux petits poings serrés et vulnérables.
— Je ne vais pas vous punir beaucoup, la rassura-t-il gentiment, en lui relevant le menton. Ce n’était qu’un petit affront, et après tout c’était le premier. Mais, Belle, pour vous avouer la vérité, je vais aimer vous punir.
Elle se mordait la lèvre, il voyait son envie de parler : tenir sa langue et maîtriser ses mains, c’était presque trop d’efforts pour elle.
— Très bien, ma douce, que voulez-vous me dire ?
— Je vous en prie, mon Prince, le supplia-t-elle. J’ai si peur de vous.
— Vous me découvrirez plus raisonnable que vous ne l’attendez, la rassura-t-il.
Il retira sa longue cape, la jeta sur le dossier d’un fauteuil, et ferma la porte au verrou. Puis il souffla toutes les chandelles, sauf quelques-unes ici et là.
Il dormirait dans ses vêtements, comme il le faisait presque chaque nuit, dans la forêt dans les auberges du pays, ou dans les maisons de ces humbles paysans où il descendait parfois, et cela ne le gênait guère.
S’approchant d’elle, il se dit qu’il lui fallait se montrer miséricordieux et la punir promptement. Assis au bord du lit, de la main gauche il lui prit les poignets et bascula son corps dénudé sur ses genoux. Les jambes de la Belle s’agitaient vainement au-dessus du sol.
— Très, très jolie, fit-il, sa main droite décrivant des gestes lents sur les fesses rondes, tout en les forçant à s’ouvrir.
La Belle pleurait à gros sanglots, mais elle étouffait ses pleurs dans le lit, et ses mains étaient maintenues devant elle par le bras gauche du Prince.
Ce dernier à présent, de la main droite, lui fessait brutalement le derrière, et l’entendit pleurer plus haut. Pourtant, il ne la fessait pas si durement.
Mais cela laissa une marque rouge. Il la fessa fort de nouveau, la sentit se contorsionner contre lui, la chaleur et la moiteur de son sexe contre sa jambe, et il la fessa encore une fois.
— Je pense que vous sanglotez plus d’humiliation que de douleur, la réprimanda-t-il de sa douce voix.
Elle luttait pour ne pas trop pleurer.
Il arma sa main gauche, bien à plat, et, sensible à la chaleur de ses fesses rougies, l’éleva et lui administra une nouvelle série de fessées, lourdes et fortes, souriant de la voir se débattre.
Il aurait pu la fesser beaucoup plus méchamment, pour le plaisir, et sans lui faire vraiment mal. Mais il avait une meilleure idée. Il aurait tant de nuits pour goûter ces délices.
Alors il la fit se lever, debout devant lui.
— Rejetez vos cheveux en arrière, ordonna-t-il.
Son visage maculé de pleurs était d’une indicible beauté, ses lèvres tremblaient, ses yeux bleus brillaient de larmes humides. Immédiatement, elle obéit.
— Je ne crois pas que l’on vous ait gâtée tant que cela. Je vous trouve fort obéissante, désireuse de faire plaisir, et voilà qui me rend très heureux.
Il vit son soulagement.
— Croisez vos mains derrière la nuque, sous vos cheveux. C’est cela. Très bien. (Il lui leva le menton.) Et vous avez cette habitude charmante et modeste de baisser le regard. Mais à présent je veux que vous me regardiez droit dans les yeux.
Elle obéit timidement, l’air misérable. Maintenant qu’elle le regardait, elle semblait ressentir plus pleinement sa nudité et son dénuement. Elle avait des cils sombres, entrecroisés, et ses yeux bleus étaient plus grands qu’il ne l’avait cru.
— Me trouvez-vous beau ? lui demanda-t-il. Ah, mais avant que vous ne me répondiez, j’apprécierais de connaître la vérité de votre bouche, et non ce que, selon vous, j’ai envie d’entendre, ou ce qu’il vous siérait le mieux de dire. Comprenez-vous ?
— Oui, mon Prince, chuchota-t-elle. Elle avait l’air plus calme.
Il tendit la main, lui massa légèrement le sein droit, puis caressa le duvet de ses aisselles, et perçut sous ses doigts la menue courbe du muscle, là, sous l’or soyeux, puis caressa la toison pleine et humide entre les jambes, et elle en soupira, elle en trembla.
— Maintenant, reprit-il, répondez à ma question, et décrivez ce que vous voyez. Décrivez-moi comme si vous veniez de me rencontrer et que vous vous confiez à votre femme de chambre.
De nouveau, elle se mordit la lèvre, ce geste qu’il chérissait, et puis, la voix bridée par l’incertitude, elle avoua :
— Vous êtes très beau, mon Prince, personne ne pourrait le nier. Et pour un être… pour un être…
— Poursuivez.
Il l’attira juste un petit peu plus près de lui, son sexe à présent contre son genou, et il passa son bras droit autour d’elle, berçant son sein dans sa main gauche et laissant ses lèvres lui effleurer la joue.
— Et pour un être si jeune, savoir si bien commander, poursuivit-elle, est chose plutôt inattendue.
— Et, dites-moi, comment cela transparaît-il chez moi, hors mes actes ?
— Vos manières, mon Prince, répondit-elle, sa voix retrouvant un peu de force. Cette expression dans vos yeux, vos yeux si sombres… votre visage… On n’y décèle aucun de ces doutes de la jeunesse.
Il sourit et lui baisa l’oreille. Il s’étonna que la petite fente pâle entre ses jambes fût si chaude. Ses doigts ne pouvaient cesser de la toucher. Deux fois déjà, il l’avait prise, et il la prendrait encore, mais il se dit qu’il devrait y revenir avec plus de lenteur.
— Aimeriez-vous que je sois plus vieux ? chuchota-t-il.
— Je croyais, fit-elle, que ce serait plus simple. Recevoir des ordres d’un être si jeune fait éprouver son propre dénuement.
Les larmes parurent monter et noyer ses yeux, aussi la repoussa-t-il doucement pour mieux les contempler.
— Ma chérie, je vous ai réveillée d’un sommeil centenaire, et j’ai restauré le Royaume de votre père. Vous êtes mienne. Et vous découvrirez que je ne suis pas un maître si dur. Seulement sévère. Aussi longtemps que vous ne songerez qu’à me complaire, nuit et jour et à tout instant, les choses seront simples pour vous.
Et comme elle s’efforçait de ne pas détourner le regard, il vit à nouveau le soulagement sur son visage, et la crainte respectueuse qu’il lui inspirait.
— Allons, fit-il, glissant ses doigts encore libres entre ses jambes et l’attirant à nouveau près de lui, ce qui lui fit lâcher un petit cri, je vous veux plus, plus que je ne vous ai eue. Comprenez-vous ce que je veux dire, ma Belle Endormie ?
Elle remua la tête ; pour l’heure, elle était prise de terreur.
Il la souleva pour la déposer sur le lit et l’allongea.
Les bougies jetaient sur elle une lumière chaude, presque rose. Ses cheveux retombaient de part et d’autre du lit, elle semblait sur le point d’éclater en sanglots, et ses mains s’efforçaient de se tenir tranquilles de chaque côté de son corps.
— Ma chérie, vous avez en vous une dignité qui vous protège de moi, exactement comme vos jolis cheveux d’or vous font un voile et un bouclier. À présent je veux que vous vous rendiez à moi. Vous verrez, et plus tard vous serez fort surprise d’avoir pleuré la première fois que je vous ai demandé de vous soumettre.
Le Prince se pencha au-dessus d’elle. Il lui écarta les jambes. Il put voir quelle bataille elle livrait pour ne pas se couvrir ou se détourner. Il lui caressa les cuisses. Puis, de l’index et du pouce, il s’enfonça dans la toison humide et soyeuse, sentit ses petites lèvres tendres et les força à s’ouvrir toutes grandes.
La Belle fut parcourue d’un terrible frisson. De la main gauche, elle se masqua la bouche, et, à l’abri de cette main, pleura doucement. Il se dit qu’il serait plus facile pour elle que ce soit lui qui lui couvre la bouche, et, pour l’heure, admit-il, cela pouvait encore être acceptable. Il serait toujours temps de lui enseigner le reste.
Ce fut du bout des doigts de la main droite qu’il trouva ce menu nodule de chair entre les tendres lèvres inférieures, et il le lutina, allant et venant jusqu’à ce qu’elle soulevât les hanches, cambrant le dos malgré elle. Sous sa main, son petit visage était l’image de la détresse. Le Prince s’en amusa intérieurement.
Mais, dans un sourire, il sentit, pour la première fois, le fluide chaud entre ses jambes, ce fluide véritable, celui qui, quelques instants plus tôt, n’avait pu s’écouler avec le sang de l’innocence.
— C’est cela, c’est cela, ma chérie, approuva-t-il. Et vous n’opposerez nulle résistance à votre Seigneur et Maître, mmmh ?
Enfin il ouvrit son vêtement et en extirpa son sexe dur et avide ; se juchant sur elle, il le lova contre sa cuisse, tout en continuant de la caresser.
Elle balançait d’un côté sur l’autre, ses mains nouant autour d’elle des nœuds avec les draps soyeux. Tout son corps parut rosir, et les pointes de ses seins semblaient si dures qu’elles avaient l’air de petites pierres. Il ne put y résister.
Il y planta ses dents, par jeu, sans faire mal. Il les lécha, et puis il lécha aussi son sexe, et comme elle se défendait, comme elle rougissait comme elle gémissait sous lui, il la monta, doucement.
Elle cambra le dos, encore. Ses seins s’empourprèrent Et alors qu’il enfilait son organe en elle, il la sentit frémir avec violence, prise d’un plaisir involontaire.
Un terrible cri fut étouffe par la main posée sur sa bouche ; elle frémit si violemment qu’il crut qu’elle allait le soulever.
Puis elle retomba, tranquille, humide, rose, les yeux clos, respirant profondément, ses larmes coulant en silence.
— C’était charmant, ma chérie, dit-il. Ouvrez les yeux.
Ce qu’elle fit, timidement.
Mais ensuite elle se tint alanguie, les yeux levés vers lui.
— Cela fut si dur pour vous, chuchota-t-il. Vous ne pouviez même imaginer que cela vous arriverait. Vous êtes rouge de honte, sous le coup de la peur, et peut-être croyez-vous qu’il s’agit là d’un de ces rêves que vous avez rêvés au cours de ces cent années. Mais tout ceci est réel, Belle. Et ce n’est que le début ! Vous pensez que j’ai fait de vous ma Princesse. Mais je n’ai fait que commencer. Le jour viendra où vous ne verrez que moi, comme si j’étais le soleil et la lune, où je signifierai tout pour vous, le manger, le boire, l’air que vous respirez. Alors vous serez vraiment mienne, et ces premières leçons… et ces premiers plaisirs… (il sourit) ne vous sembleront rien.
Il se pencha au-dessus d’elle. Elle demeurait très calme, le dévisageant.
— Maintenant, embrassez-moi, ordonna-t-il. Je veux dire, vraiment… embrassez-moi.